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"Les Muguets déchaînés"

Action pour le renouveau de Chevillon avec une démocratie participative.

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CAUCHEMAR À FAUVALLON

CAUCHEMAR À FAUVALLON

Ceci est une pure fiction, sortie de l’imagination débordante de son auteur, toute ressemblance avec des faits ou des personnages existants ou ayant existé, ne serait que pure coïncidence.

 
  Cela se passe dans un petit village, enfoui dans une campagne comme on en connaît peu.  Après des années d’une autocratie sans répit le petit village de Fauvallon sort de sa torpeur. Il vient de bouter hors les murs la dernière mégère à demi apprivoisée, ayant sévit pendant ces deux années passées. Au total, vingt ans de dictature municipale et d’abus de pouvoir, on n’en sort pas indemne.

La mesure est spectaculaire : le préfet, s’est substitué à la municipalité de Fauvallon pour régler le budget de cette commune de 300 habitants. Fauvallon est un village symbole pour une campagne française, parmi les plus pauvres et les plus «sensibles» de France. Il connaît une crise budgétaire sans précédent, signe de la fragilité provoquée par des années de faux financement, de priorité préférant le parti pris au nécessaire.

Endetté, croulant sous les dépenses dues à la pauvreté de ses revenus et à l’ignorance de ses habitants, disposant de ressources très limitées, la commune n’arrive plus à faire face à ses obligations financières. L’endettement par tête d’habitants est cinq fois supérieur aux ratios des communes avoisinantes. Les différents emprunts contracté par ses édiles l’on plombé.

Cette situation, qualifiée d’«inextricable» par des experts, a conduit la préfecture de l’ Yonne  a décidée d’augmenter de 50 % les taxes foncières et de 60 % la taxe d’habitation dans le village, suivant les recommandations de la chambre régionale des comptes (CRC). Cette mesure, qui prolonge des hausses précédentes inexistantes s’accompagne de la réduction autoritaire des dépenses de personnel et des subventions aux associations. La préfecture insiste sur le caractère «exceptionnel» de la situation.

 

La préfecture reconnaît – avant même leur mise en œuvre – que les mesures décidées seront insuffisantes : la hausse des impôts et les mesures d’économies devraient seulement permettre de faire redescendre le déficit.

Conséquences immédiates, le matériel communal n’est pas renouvelé et devient inutilisable pour maintenir un entretien même minime. Le personnel est muté pour être réduit au minimum. Fauvallon est poussé à se retirer de la communauté de commune. L’isolement commence.

Les habitants vendent leurs biens au vide grenier des environs pour subsister. Les habitations se vident devant la pression fiscale. Les résidences secondaires se dévaluent et se bradent comme des petits pains. Les propriétaires terriens se frottent les mains en rachetant tout ce qui passe.

C’est l’exode. Le conseil général est sollicité pour étudier la reprise de Fauvallon avec le chef lieu de canton. Celui-ci traine les pieds, il y a tant à faire pour remettre Fauvalon en marche, les autres communes ne veulent pas payer les erreurs de gestion des précédents maires.

Le travail est trop colossal ; les routes sont défoncées depuis 15 ans rien a été fait en profondeur, que des rustines. Les bâtiments communaux prennent l’eau, ceux qui sont correct ont été bradés et ceux qui restent sont inoccupés, donc sans loyer pour la commune.

Le réseau incendie est inopérant, la distribution de l’eau est suspendue dans certains hameaux pour cause de branchement sauvage. Comme souvent en pareil cas, les incivilités se font jours, plus rien n’est respecté c’est à celui qui survivra le mieux au détriment de son voisin. Le moindre tronc d’arbre est convoité.

Toute la population se regarde en chien de faïence, jalousant l’autre du peu de bien qu’il lui reste. La rue de la Grande Mare est un coup gorge tenu par une clique qui rançonne les pauvres quidams qui ont le malheur de passer par là. Plus de commerce, pas d’entreprise, aucune activité festive, l’éclairage public est supprimé pour raison d’économie facilitant les vols et les agressions de nuits.

Fauvallon devient un village fantôme et lugubre on se croirait dans un film d’épouvante même la gendarmerie refuse de patrouiller la nuit dans la rue centrale. Les corbeaux traversant notre secteur volent sur le dos pour ne pas voir la misère. Les routiers font un détour pour ne plus se faire attaquer. Il y a belle lurette que plus aucune remorque ne stationne dans le village, on a gagné au moins ça. Les carcasses de voiture continues de s’entasser devant le château et les rues adjacentes. A propos du château, il a été pris d’assaut par les sans foi ni loi du village.  C’est devenu le rendez-vous des punks, des niks et des teufeurs. Ils font des « rave party » toutes les nuits. Le châtelain a préféré s’exiler en Grèce, plutôt que de prendre un mauvais coup par celui qui règne sur cette faune d’iconoclastes bariolés, imbibés de drogue et au rasoir facile.

Soudain j’entends un grand bruit, je sursaute avec effroi, je transpire une lumière forte m’aveugle. C’est le soleil qui me chauffe, je me rends compte que j’ai rêvé. Un ouf de soulagement m’échappe. Pensif, je reprends mes esprits, j’aperçois les premiers muguets. Ils sont bien vrai eux et pas en plastique. Soulagé, je m’étends sur ma chaise longue à l’abri de mon beau sapin en me disant « putain on l’a échappé belle ».

Paul Clairet Vilain-Canard-Relief

 

 

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